La dépendance à l’alcool

Par Sylvie Rousseau ND.A.

Je veux vous parler aujourd’hui d’un type de dépendance qui  fait souvent beaucoup de ravage autour de soi.  Il s’agit de l’alcoolisme.  Tout comme pour la dépendance à la nicotine, lorsque qu’une personne souffre de dépendance à l’alcool, elle stagne souvent dans la brume quand il s’agit de réaliser dans quel merdier elle se trouve.

L’alcoolisme, un constat

On estime qu’environ 75% de la population consomme de l’alcool. De ce nombre,  une personne sur dix développera des problèmes en rapport avec l’alcool au cours de sa vie.  On parle ici de presque 10% de la population adulte.  C’est énorme !

L’alcoolisme a été répertorié par l’Organisation mondiale de la santé comme un trouble de santé prenant son origine, chez un individu, dans une consommation d’alcool excédant la limite acceptée par une culture déterminée et impliquant des problèmes relationnels importants.  Cette consommation excessive et de manière compulsive est toujours commandée par des envies psychologiques et physiologiques difficilement contrôlables.  On croit que ce problème de santé est d’origine multifactorielle avec des composantes génétiques, psychologiques, physiologiques et sociales qui revêtiraient une importance tout aussi égale.

L’effet sédatif sur le cerveau

L’alcool affecte plusieurs neurones dans le cerveau.  Il se lie directement sur les récepteurs de l’acétylcholine, de la sérotonine, du GABA et bloquent les récepteurs excitateurs du NMDA (N-méthyl D-aspartate) du glutamate.

L’alcool contribue aussi à l’augmentation de la libération de dopamine par un processus encore mal compris.  Rappelons que presque  toutes les substances qui déclenchent des dépendances chez l’homme augmentent la libération de la dopamine dans le cerveau.  La dopamine permet d’identifier et de garder en mémoire les nourritures associées au plaisir dont l’alcool.

L’illustration ici montre l’effet de l’alcool sur une synapse au GABA. L’acide gamma-amino-butyrique ou GABA est un acide aminé synthétisé par le cerveau pour favoriser le calme et la tranquillité en aidant à neutraliser les effets excitants du glutamate. En d’autres termes, le GABA est l’arme clé du cerveau pour lutter contre le stress.  Le GABA diminue donc l’activité du neurone et le rend moins excitable en permettant aux ions chlore de pénétrer à l’intérieur de celui-ci.  Cet effet  sera amplifié lorsqu’il y aura consommation  d’alcool, en permettant au canal de rester ouvert plus longtemps et de faire ainsi entrer plus de Cl- dans la cellule.  C’est ce qui donnera l’effet sédatif de l’alcool.

 

 

 

 

Les troubles de santé dû à l’alcoolisme

L’intoxication à l’alcool peut dégénérer en divers troubles de santé dont l’hypertension, les troubles cardiaques, le diabète, le cancer de la bouche ou de l’œsophage ou une production de testostérone diminuée.  L’alcoolisme peut aussi évoluer en troubles de santé touchant le système nerveux central.  Cela se présentera par une perte de sensation dans les mains et les pieds pouvant aller jusqu’à une difficulté à marcher.  Il y aura diminution d’oxygène au cerveau et cela favorisera l’amnésie, la désorientation, des hallucinations, des troubles émotionnels et à l’extrême de l’épilepsie. Ce problème de santé raccourcira la longévité d’au moins 10 à15 ans.

L’alcool est surtout  un poison pour le foie.  En fait, c’est le poison numéro un du foie ! En réalité, cet organe métabolise l’alcool à 95% et la consommation exagérée de celui-ci diminue la capacité de foie à produire ses enzymes et l’empêche d’assimiler ses nutriments dont les protéines, les hydrates de carbone, les vitamines liposolubles (A,D,E, K) ainsi que les vitamines B et le zinc. On aura dans un premier temps une accumulation de gras dans le foie dû à l’incapacité de celui-ci à digérer les gras.  Puis, la personne sera à risque de développer une hépatite et cela pourra dégénérer en cirrhose du foie.   Un alcoolique sur cinq se rendra à cette étape fatale.

L’alcoolisme, une hypoglycémie cachée

Souvent les alcooliques ont tendance à ne pas manger et à consommer de l’alcool à la place.  Donc en plus de souffrir des effets néfastes de l’alcool, ils se retrouvent avec des déficiences nutritionnelles provoquées par une sous-alimentation. De plus, l’alcool passe directement du tube digestif aux vaisseaux sanguins. En quelques minutes, le sang le transporte dans toutes les parties de l’organisme, y compris le cerveau.  On peut donc le considérer comme un sucre rapide.

L’alcoolisme  provoquera une hypoglycémie réactionnelle dû à l’augmentation rapide de sucre sanguin, suivi par une baisse tout aussi rapide.  Cela précipitera des envies d’aliments sucrés et d’alcool qui vont faire remonter une fois de plus le taux de sucre sanguin. La personne sera ballotée entre les hauts et les bas, rappelant les effets vertigineux des montagnes russes. S’il y a, à nouveau, consommation de sucre rapide dont l’alcool, cela aggravera l’hypoglycémie réactionnelle.  D’un autre coté, l’hypoglycémie amplifiera les symptômes de sevrage.  L’insomnie, les hallucinations, les convulsions,  l’anxiété, une transpiration excessive et de la fièvre deviendront encore plus difficiles, surtout dans la première semaine de sevrage.

L’alcool, un réconfort pour le dépressif

On avance aussi que les alcooliques sont  des gens déprimés.  Ils trouvent un réconfort dans l’alcool et se retrouvent coincés dans les tentacules de l’alcoolisme.  On a également observé que ceux-ci ont souvent un niveau très bas de tryptophane, un acide aminé précurseur de la sérotonine, l’hormone responsable du bien-être.  Également, la flore intestinale déséquilibrée peut être un facteur déterminant chez les alcooliques nuisant à l’absorption des gras, des hydrates de carbone et des vitamines B importantes pour la production de la sérotonine.

Comment y arriver

Parlons franchement.  L’alcoolisme est un problème difficile à régler.  Mais, ce n’est pas impossible.  Il faut une fois de plus attaquer le problème sur tous les fronts.  Mais surtout, la personne atteinte doit prendre conscience qu’elle a un problème important et qu’elle doit être proactive pour s’en sortir.  Les objectifs principaux d’un professionnel de la santé pour aider un alcoolique à s’en sortir sont :

  1. D’améliorer la nutrition.  Plusieurs nutriments peuvent aider au sevrage dont le zinc, la vitamine A et la vitamine C.  Le 5-HTP améliorera l’humeur en remontant le niveau de sérotonine dans le cerveau.
  2. D’assurer que la personne recevra le support psychologique nécessaire pour se sevrer.  Il ne faut pas hésiter à se tourner vers des groupes de soutien comme les Alcooliques Anonymes, car la personne doit arriver à une abstinence complète.
  3. Utiliser une approche naturelle pour aider le foie et les différents organes à se remettre des abus de l’alcool.  Le chardon-marie, par exemple, est une herbe très utile pour régénérer le foie. Celui-ci a démontré son efficacité dans les problèmes de dégénérescence du foie.
  4. Les alcooliques sont souvent de grands hypoglycémiques.  Il est impératif d’arriver à équilibrer leur taux de sucre sanguin.  L’alimentation jouera un rôle important pour les aider à se stabiliser à ce niveau.

Voici quelques suppléments pouvant vous aider grandement dans votre démarche de sevrage d’alcool.  N’hésitez pas à les commander  :

 

C’est possible dès aujourd’hui d’en finir avec ce problème.  Pourquoi attendre demain. La naturopathie peut être d’un grand secours pour ces gens.

Références :

  1. BALCH, Phillis, Prescription for nutritional healing, Third edition, Avery publishing, 2000.
  2. MURRAY, Michael, Encyclopedia of natural medicine, 2nd edition, Prima publishing, 1998.