Qu’en est-il de… la dépendance à la caféine ?

Par Sylvie Rousseau ND.A.

Seriez-vous capable de vous imaginer prendre votre petit déjeuner sans siroter votre café matinal apprêté au goût du jour.  Plusieurs me diront que c’est un plaisir de la vie indispensable et il leur serait impensable de commencer la journée sans ce rituel. Qu’en peut-on parler alors de dépendance à la caféine ?

La consommation moyenne de caféine en Amérique du Nord est estimée à environ 150 à 225 mg par jour, soit l’équivalent de une à deux tasses de café.  Environ 90 % des adultes américains en consomment quotidiennement.

La plupart des gens supporte bien ces doses. D’autres peuvent être plus sensibles à l’effet de la caféine. En fait, cela vient du fait qu’ils éliminent plus lentement cette substance de leur corps.  Ils peuvent développer un syndrome que l’on nomme le caféinisme, soit une condition médicale amenant dépression, nervosité, irritabilité, maux de tête récurrents, palpitations et insomnie.  On reconnaît que les personnes anxieuses ou stressées ont de fortes chances d’être très sensibles à la caféine. Cette substance se retrouve dans de nombreux aliments dont le café, le thé, les colas, le chocolat ainsi que certains médicaments.

La caféine, c’est bien connu, stimule le mental et le physique.  Mais, ce qu’il faut savoir, c’est que celle-ci altère de façon significative la biochimie du cerveau et on peut définitivement en devenir accro.  Elle a plusieurs effets dans le corps.  En voici quelques uns :

  1. Celle-ci dérange le métabolisme en augmentant le taux de sucre sanguin.  Elle peut contribuer à l’hypoglycémie et au diabète.
  2. La caféine peut aussi induire le syndrome de fatigue chronique par son effet stimulant sur les glandes surrénales.  Dans l’immédiat, la personne aura un regain d’énergie avec la consommation de café, mais avec le temps, elle verra sa fatigue s’aggraver.
  3. Également, on a établi un lien entre la consommation de caféine et les seins fibrokystiques.  La caféine, la théophylline et la théobromine (que l’on retrouve aussi dans le chocolat) sont des substances qui peuvent augmenter la production de tissus fibreux dans les seins.
  4. La caféine aurait aussi une incidence sur l’importance du syndrome prémenstruel surtout au niveau psychologique comme l’anxiété, l’insomnie et la dépression.
  5. Elle peut aussi interférer avec le système immunitaire et induire des troubles allergiques.
  6. Elle peut aggraver les ulcères de par le fait qu’elle augmente la production d’acide chlorhydrique dans l’estomac.  On verra aussi l’augmentation du cholestérol et des triglycérides chez les buveurs de café ainsi que les troubles de haute pression.
  7. Elle a un effet diurétique et draine hors du corps beaucoup de minéraux dont le potassium en plus d’interférer avec l’absorption de ceux-ci.

Le neurotransmetteur en cause; la dopamine

Comme la plupart des stimulants, la caféine augmente la production de dopamine dans les circuits du plaisir, ce qui contribue à entretenir la dépendance à celle-ci. Si vous expérimentez une déficience en dopamine, vous serez probablement beaucoup plus attiré par la caféine et les sucres.

Quand la biochimie du cerveau est altérée, vous expérimentez une série de problèmes de santé.  La déficience en dopamine amène, à l’extrême, une situation de perte de contrôle de votre vie.  Votre état émotionnel est affecté, car vous n’arrivez plus à contrôler vos désirs les plus profonds qu’il soit pour les stimulants, les sucres, les drogues ou le sexe.

Les comportements de dépendance sont une réponse spontanée du corps pour s’auto médicamenter lors de déficience en dopamine.  On considère que vous êtes dépendant quand vous êtes animé par des comportements répétitifs, compulsifs et destructeurs que vous n’arrivez plus à contrôler.  Qu’il s’agisse de caféine, d’alcool, de drogues, de sucres, de gras, le processus en cours est toujours le même.  Il faut apprendre à casser ce cercle vicieux, car les comportements de dépendance sont la racine même de toutes les maladies chroniques.

L’effet de la caféine sur le corps

L’effet stimulant du café vient en grande partie de son action sur nos récepteurs cellulaires à l’adénosine.  L’adénosine est un neuromodulateur du système nerveux central.  Quand l’adénosine se fixe sur ses récepteurs, l’activité nerveuse est ralentie pour induire la détente et le sommeil en dilatant entre autre les vaisseaux sanguins et assurer une bonne oxygénation dans notre sommeil.  Or, la caféine est un antagoniste des récepteurs à l’adénosine. Cela veut dire qu’elle se fixe sur les mêmes récepteurs, ce qui va  activer les neurones sans réduire toutefois l’activité du système nerveux.

L’activation de ces circuits neuronaux va pousser l’hypophyse, la glande maitresse du cerveau, à commander aux glandes surrénales de produire davantage d’adrénaline. Étant une hormone de stress, l’adrénaline va augmenter le niveau d’attention et donner un pic d’énergie à l’organisme. C’est l’effet recherché par les buveurs de café.

Les symptômes du sevrage apparaissent une ou deux journées après l’arrêt de la consommation. Ils sont constitués surtout de maux de tête, de nausées et de somnolence chez environ un individu sur deux.

L’effet sur le système nerveux central

La caféine est en fait un stimulant du système nerveux central.  On a établi un lien important entre la consommation excessive de caféine et les troubles de panique qui entraînent de sensations psychologiques et physiologiques intenses dont les palpitations, les serrements au cœur, des étourdissements, des engourdissements, de la difficulté à respirer et de l’hyperventilation.   Ce trouble est assez commun chez les jeunes adultes.

En fait, l’anxiété et les crises de panique sont provoquées par un niveau trop élevé d’acide lactique dans le sang.  Le lactate est le produit final de la transformation du sucre sanguin en absence d’oxygène semblable à la fatigue musculaire ressentie après un exercice physique intense.  On croit que les gens sujets aux troubles de panique sont plus sensibles au lactate.  On a identifié six facteurs en cause dans l’augmentation de lactate dans le corps, dont la caféine, l’alcool, le sucre, la déficience en vitamine B, dont la niacine, la pyridoxine, la thiamine, la déficience en calcium et en magnésium et les allergies alimentaires.

 

 

 

 

Quelques pistes de solutions :

Si la caféine est devenue un problème pour vous, l’approche naturelle peut vous offrir plusieurs options pour vous aider à vous en sevrer. Par exemple, pour augmenter votre taux de dopamine dans le cerveau, vous devrez éliminer les stimulants dont la caféine.  Cela aidera à rétablir votre énergie, votre concentration et votre sommeil.

Il est important de corriger les déficiences nutritionnelles causées par ces dépendances dont les vitamines B, le magnésium, le zinc et les acides aminés.  Il y a moyen de remonter son taux de dopamine dans le cerveau par son alimentation en augmentant les sources de phénylalanine et de tyrosine dont le fromage cottage, le poulet et le germe de blé. Plusieurs nutriments aident à remonter le taux de dopamine dont l’acide folique, le fer, la niacine, la vitamine B6, le cuivre et la vitamine C, la thiamine, la tyrosine, l’acide folique et le chrome.  Également le rhodiola, le ginkgo biloba, la phosphatidylsérine sont bénéfiques à votre bien-être.

Voici quelques suppléments que vous pouvez commander dès maintenant, pouvant vous aider à optimiser votre taux de dopamine naturellement et votre taux d’antioxydants  :

 

Références :

  1. BRAVERMAN Eric R. M.D., The edge effect, Sterling publishing, 2004.
  2. http://faculty.washington.edu/chudler/choco.html
  3. http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_03/i_03_m/i_03_m_par/i_03_m_par_cafeine.html#drogues
  4. KROHN Jacqueline MD, TAYLOR Frances MA, Natural detoxification, Hartley & Marks publishers 2000.
  5. MURRAY Michael N.D., PIZZORNO Joseph N.D., Encyclopedia of natural medicine, Prima publishing, 1998.