Les infections vaginales à répétition, un problème épineux chez les femmes

Par Sylvie Rousseau ND.A.

La vaginite est une inflammation du vagin causant des symptômes d’irritation, de douleur, de rougeur, de pertes vaginales et de démangeaisons. Elle peut être causée par des organismes infectieux comme les bactéries, les levures ou les protozoaires.

Les personnes à risque pour ce problème de santé incluent les diabétiques, les femmes enceintes, les fumeurs, les utilisatrices de contraceptifs, d’antibiotiques ou les célibataires ayant de multiples partenaires. De plus, l’hypothyroïdie, une baisse de l’immunité, un épuisement surrénalien dû à un stress chronique, un déséquilibre hormonal avec dominance en œstrogènes peuvent favoriser ce genre d’inflammation.

Avant de traiter une vaginite, il est important de bien identifier la cause. Car si celle-ci n’est pas traitée correctement, elle peut se répandre aux organes connexes dont l’utérus, l’urètre, la vulve ou encore évoluer en maladie inflammatoire pelvienne.

Les principales causes de vaginites

1.La vaginite allergique

Cette muqueuse fragile peut être irritée par des produits chimiques retrouvés dans les spermicides, les condoms, les douches vaginales, les parfums, les tampons, les serviettes sanitaires et le savon à lessive. Une réaction du système immunitaire peut alors dégénérer en allergie et s’étendre, dans de rares cas, jusqu’au sperme du partenaire.

2.La vaginite hormonale

Les femmes ménopausées ne sont pas épargnées par cette problématique, car la sécheresse vaginale associée à une baisse des œstrogènes peut favoriser ce type d’inflammation. Une suppression hormonale lors de chimiothérapie, de radiothérapie ou de médication anti-œstrogénique peut aussi être en cause. La sécheresse vaginale et des saignements durant les rapports sexuels caractérisent ce type de vaginite.

3.La vaginite bactérienne

Elle survient lorsqu’il y a prolifération de bactéries de type Gardnella, Bacteroides, Peptococcus ou Mobiluncus. En plus des symptômes caractéristiques de la vaginite, on voit l’apparition de pertes vaginales odorantes et de douleurs lors de la miction. Le pH est entre 5,0-5,5.

4.La vaginite à protozoaire (Trichomonas)

Dans les personnes à risque pour ce type de vaginite, on retrouve les personnes ayant de multiples partenaires sexuels et les gens de race noire. Le pH vaginal est élevé (6,0-6,5) et il y a des pertes excessives claires de couleur jaune, verte ou grise avec une odeur rance.

5.La vaginite à candidose

C’est la cause la plus fréquente de vaginite, soit dans 25 à 45% des cas et 90% de celles-ci sont de type Candida Albicans. On reconnaît ce problème par une intense démangeaison, de la douleur lors des rapports sexuels, des pertes vaginales blanches ou jaunes odorantes ressemblant à du coton fromage. Le pH est normal à 4,0-4,5. Le candida est un microorganisme de type levure vivant normalement dans l’intestin et sur toutes les muqueuses de l’organisme dont le vagin. Cette levure vit en harmonie avec les autres bactéries et levures du corps. Mais, certaines conditions permettent la prolifération de celui-ci.

L’équilibre de la flore vaginale

On reconnaît qu’il existe au moins une cinquantaine d’espèces différentes de microorganismes dans la flore vaginale. Les Lactobacilles représentent 90% de celle-ci. Cette flore peut être facilement perturbée par les médicaments, les antibiotiques, les contraceptifs et les hormones de synthèse. Ce dernier type de médicament augmente la quantité de sucre disponible dans le vagin (glycogène) par l’augmentation hormonale. Également, les antibiotiques tuant les bactéries bénéfiques en même temps que les mauvaises sont une autre cause importante d’infection au candida. Elles s’attachent à la muqueuse vaginale et prend la place des Lactobacilles.

Dans le même ordre d’idée, les corticostéroïdes (cortisone) qui sont utilisés pour paralyser l’activité du système immunitaire en situation d’urgence médicale, peuvent provoquer ce type d’infection lorsqu’il y a usage abusif de ce médicament. Une diète riche en sucre peut aussi être à la base de ce déséquilibre. On inclut dans cette liste tous les types de sucres, les produits laitiers et les aliments contenant des levures, les produits fermentés ainsi que l’alcool.

En effet, le candida est une levure qui se nourrit de sucre. Si le pH du corps est déstabilisé et devient acide, les bactéries amies comme l’Acidophilus Lactobacillus qui métabolisent normalement les sucres ingérés ne peuvent plus faire leur travail normalement et cela permet au candida de proliférer.

Il se nourrit de nos nutriments, rejette des déchets toxiques dans le corps comparable à de l’ammoniaque. De plus, ce type de levures produit des substances qui ressemblent aux hormones humaines et peuvent même avoir leurs propres récepteurs hormonaux. Cela taxe le système hormonal et immunitaire. La destruction de ces microorganismes par le système immunitaire provoque une augmentation de débris cellulaires et de radicaux libres dans le sang. Ces toxines augmentent la production d’anticorps produits par nos globules blancs. Cela amène une production accrue des hormones pro inflammatoires provoquant de l’inflammation qui peut évoluer en hypersensibilité aux parasites eux-mêmes et à leurs toxines amplifiant la réaction allergique.

Des règles de base pour prévenir les vaginites

Il est possible d’intervenir de façon naturelle pour contrôler la candidose. Pour ce faire, certaines substances antiseptiques peuvent être utilisées, oralement ou sous forme d’ovule vaginal, dont l’acide caprylique, l’ail, la feuille d’olivier, le Pau d’Arco, la berbérine ou les huiles essentielles de thym, de menthe et de romarin. N’oubliez pas que les probiotiques concentrés en Lactobacillus Acidophilus et Bifidobactérium Bifidus jouent un rôle important pour régulariser la flore intestinale. Des capsules d’acide borique (600 mg) peuvent aussi être utilisées en interne pour 14 jours. Il existe des crèmes d’estriol (bio-identique) pouvant être appliquées en interne pour lubrifier lors de vaginite hormonale. Finalement, porter des sous-vêtements de coton plutôt que synthétique, éviter les pantalons serrés et les bas de nylon sont toutes des règles de base pouvant faire une différence.

 

 

 

 

Mais, il est crucial d’utiliser une approche de terrain afin de s’assurer de résultats durables. Entre autre, il est important de renforcer les tissus en adoptant une alimentation alcaline constituée principalement de légumes verts et en évitant les aliments riches en sucre et en hydrates de carbone raffinés. Limitez les fruits à un par jour. Évitez l’alcool, les aliments fermentés et les produits laitiers. Il est judicieux également de renforcer le système immunitaire avec de la vitamine C, de la beta carotène, du zinc et du sélénium, notamment.

Voici quelques suppléments de qualité supérieure que vous pouvez commander pour vous aider à enrayer ce type de problème de santé  :

Gardez en mémoire toutefois que si vous souffrez des vaginites à répétition, il vaut mieux consulter un naturopathe capable de bien vous guider dans votre démarche.

Références :

  1. BALCH Phyllis A., Prescription for nutritional healing, Avery publishing.
  2. CHAPUT Mario n.d., Traitement naturel des allergies, Éditions Fleurs sociales.
  3. GORMAN Christine, The fires within, Time, march 22, 2004.
  4. KAUR Sat Dharam Dr, ND, The complete natural medicine guide to women’s health, Robert Rose inc., 2005.
  5. VANDERHAEGHE Lorna R., La santé des femmes de A à Z, Health Venture publications, Canada, 2004.