La santé dentaire, plus qu’une affaire de dents blanches

Par Sylvie Rousseau ND.A.

La santé dentaire joue un rôle beaucoup plus fondamental que ce que l’on croit sur la santé du corps en général. Chacun sait que lorsqu’on néglige d’entretenir nos gencives et nos dents, il y aura érosion de celles-ci et éventuellement perte de l’émail des dents. Mais il semblerait qu’il existe aussi un lien étroit entre la santé dentaire et toute une myriade de troubles de santé chroniques.

On sait que le début des maladies de gencives commence par une surconsommation de sucre et d’hydrates de carbone qui interagit avec les bactéries dans la bouche et forme alors une plaque bactérienne sur la dent et la gencive en plus de déminéraliser le corps. Or, la carie dentaire ne se développe que lorsque différents facteurs prédisposants sont présents dans la bouche, tel que résidus alimentaires, bactéries et acides. Si le système de défense de l’organisme dont l’intégrité du système immunitaire, la flore bactérienne, la capacité de se reminéraliser et le contrôle de la plaque par le brossage des dents ne sont pas suffisants, il y aura alors détérioration de la santé dentaire.

L’Association Dentaire Américaine (ADA) a rapporté que seulement 25% des adultes brossent leurs dents après chaque repas et qu’environ 49% des hommes et 57% des femmes brossent leurs dents seulement deux fois par semaine. À la lumière de ces chiffres, il n’est pas surprenant de constater que 75% des Américains sont affectés par un trouble chronique de santé parodontale.

Gingivite et parodontite

Pour bien comprendre, il faut savoir qu’il y a deux sortes de maladies parodontales, soit la gingivite et la parodontite. La gingivite est une inflammation des tissus entourant la dent. C’est une réponse directe de la plaque microbienne attaché à la surface de la dent. Les signes cliniques sont la rougeur et l’inflammation des gencives et peut entraîner des saignements quand on les brosse. Dans cette première étape, cela n’affecte par les structures plus profondes comme le ligament et l’os alvéolaire.

Si ce problème n’est pas traité rapidement, la gingivite évoluera en parodontite. Cette dernière s’installe lorsque les bactéries détruisent la structure dentaire dont les ligaments et l’os alvéolaire. Le résultat sera la perte de dents. La parodontite est un trouble inflammatoire de l’appareil de soutien de la dent incluant le ligament, l’os alvéolaire et les gencives. Des cavités se creusent dans le ligament alvéolo-dentaire et du pus s’écoule entre la gencive et la dent. Il y a aussi régression de l’os alvéolaire. L’infection peut gagner la dent par sa racine et former des abcès.

Relation dents / organes

Il existerait une relation entre les 32 dents et les 32 vertèbres et par conséquent avec tous les organes et glandes s’y rattachant. Plusieurs auteurs dont le Dr Voll, Head, Mackenzie et Niehans ont tenté de démontrer que lorsqu’il y a une carie, cela pourrait résulter d’un affaiblissement d’un organe correspondant. Le Dr Voll a d’ailleurs établi une charte de correspondances dents/organes.

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L’établissement des corrélations entre la cavité buccale et la maladie n’a pas toujours fait consensus. Or, on reconnaît de plus en plus qu’une douleur dentaire constante peut être la cause ou la conséquence d’un dysfonctionnement dans un organe qu’on dit d’économie. Il s’agirait en fait de différentes voies et mécanisme de défense qu’utilise l’organisme à travers l’appareil dentaire pour rétablir l’équilibre. En 1987, les chercheurs tels que Ogart et coll. ont retrouvé des peptides intestinaux dans le tissu dentaire, identique à ceux qui interviennent dans la réponse inflammatoire, suggérant un lien entre l’organe atteint (l’intestin dans ce cas-ci) et certaines dents enflammées.

D’autre part, une étude récente sur les diabétiques ayant des maladies de gencives a démontré que les risques sont deux fois plus élevés de mort prématuré dû aux maladies de cœur et défaillance rénale comparativement aux diabétiques ayant une bonne santé dentaire.

Selon les chercheurs du Mailman School of Public health at Columbia University, les maladies parodontales sont aussi un facteur de risque pour les maladies de cœur. Plus particulièrement les gens souffrant d’infections parodontales montrent un risque plus important d’infarctus. On a retrouvé plusieurs espèces de bactéries causant la parodontite dans les plaques d’athéromes dans les artères du cœur et ailleurs.

Pour ma part, j’ai pu remarquer à maintes reprises dans ma pratique un lien évident entre certains problèmes de santé chez des gens et des troubles dentaires sous-jacents ressortant immanquablement avant, pendant ou en fin de processus de retour à la santé.

Choisir un dentifrice

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la clé de la santé dentaire est de brosser ses dents régulièrement et de passer la soie dentaire. Le choix du dentifrice jouera un rôle important dans l’atteinte de cet objectif. Celui-ci doit être capable de détruire les bactéries et combattre l’inflammation. Or, les dentifrices commerciaux contiennent plusieurs ingrédients artificiels qui ne s’attaquent pas réellement à la racine du mal.

Un dentifrice efficace devrait contenir plusieurs substances naturelles ayant un impact pour la santé dentaire. Parmi celles-ci, nommons le cœnzyme Q10, un antioxydant important, qui contrôlerait l’inflammation des gencives. La lactoferrine, quant à elle, empêcherait la croissance des bactéries en cause dans les parodontites. La squalène, une substance venant de l’huile de foie de requin, renforcerait le système immunitaire. Le xylitol, un sucre naturel, aurait la capacité d’inhiber la formation de plaques. L’acide folique serait essentiel à l’intégrité des tissus des gencives. Finalement, l’huile de théier agirait comme un antiseptique puissant, un antibactérien et un antifongique.

Ici se pose la question cruciale. Doit-on utiliser un dentifrice contenant du fluor ou non. À ce sujet, on peut répondre que presque tous les ouvrages de biochimie ne rapportent aucun rôle enzymatique au fluorure. On lui attribue au contraire un rôle d’inhibiteur enzymatique et on le dit responsable de bloquer la production de l’énergie cellulaire dans le corps. De plus, plusieurs recherches ont démontré le peu d’efficacité de la fluoration sur la santé des dents, dont une étude provenant du National Institute of Public Health de la Suède chez des adolescents suédois recevant quotidiennement des losanges de fluorures ou même des vernis au fluorure deux fois par année où on n’a pas observé de réduction de la carie dentaire.

En résumé, le sourire est le miroir de votre santé. Mais la vraie santé dentaire est plus qu’une affaire de dents blanches qui sont plus souvent qu’autrement le résultat de traitements blanchissants. Cela signifie qu’il n’y aura aucune inflammation et infection des gencives qui pourrait contribuer à faire progresser l’inflammation dans le reste du corps. Mais plus important encore, pour qui veut vivre en santé longtemps, retenez que la santé dentaire est intimement relié à la santé du corps dans son entier et que l’un ne va pas sans l’autre.

Références :

  1. GARCIA Gerardo Dr, Biotypologie médicale homoeopathique et ses applications en medicine dentaire, Collection Resurgence, 1993.

  1. PARENT Gilles, La fluoration, prise de position ADNQ, Liste des publications, www.anaq.ca

  1. YOST Debora, Novel ways to achieve optimal oral health, Life Extension, August 2007, p. 23.