Les attaques de panique, un trouble anxieux

Par Sylvie Rousseau ND.A.

En médecine, on considère que les troubles de panique à répétition sont le résultat d’un déséquilibre biochimique dans le cerveau. Le cerveau recevrait et enverrait de faux messages d’urgence dû à une hyperactivité dans certaines régions de celui-ci qui augmenterait la production d’hormones de stress. Il semble que ces problèmes sont beaucoup plus courants qu’autrefois.  Héritage de notre monde occidental fondé sur la performance et l’excellence peut-être… 

 

La physiologie

Les attaques de panique sont classées dans la catégorie des troubles anxieux. Face à une situation qui pourrait générer l’anxiété, toute personne normale peut manifester une courte période d’anxiété intense, qui peut se traduire physiquement par une accélération des battements cardiaques et une difficulté respiratoire. La plupart des gens expérimente un jour ou l’autre une crise de panique provoquée par des événements ou une situation particulière.  On considère qu’environ 30% de la population générale est sujet à faire une crise de panique annuellement.

Mais, ce que l’on considère comme étant des attaques aigue de panique affectera le plus souvent les jeunes adultes.  Le problème, c’est que ces crises surviennent soudainement et sans cause apparente. La réponse physiologique normale au stress se fait au mauvais moment.  Dans une vraie situation d’urgence, cette sensation peut être salutaire pour une personne qui doit assurer sa survie.  Mais si ces symptômes apparaissent sans aucune raison, l’augmentation de l’adrénaline dans le corps peut être vécu comme quelque chose d’effrayant comme la sensation qu’un désastre va survenir et empêchera la personne de penser clairement. 

L’anxiété peut se développer au point de départ parce qu’il y a un problème de santé sous-jacent. Un traumatisme crânien, une maladie de l’oreille interne ou une infection au cerveau peuvent être à l’origine de ces crises. Les allergies alimentaires et l’hypoglycémie, un épuisement des glandes surrénales ou de la thyroïde, de l’asthme et les maladies pulmonaires chroniques peuvent également induire ce problème de santé.

 

On parle de trouble de panique, si au moins quatre des symptômes suivants apparaissent brutalement :

  • des troubles de la respiration comme l’hyperventilation (accélération et amplification respiratoire qui provoquera une alcalose respiratoire)
  • des vertiges ou des sensations d’évanouissement ou d’instabilité
  • des palpitations cardiaques, une douleur dans la poitrine, une sensation d’étouffement
  • des tremblements, de la transpiration
  • des nausées, des douleurs gastriques ou de la diarrhée
  • des engourdissements ou des fourmillements dans les membres
  • des bouffées de chaleur
  • une peur de mourir, de perdre le contrôle ou de sombrer dans la folie.

 

Heureusement, les crises de panique ne durent généralement pas plus de 10 minutes. Toutefois, les symptômes sont parfois très inquiétants et il n’est pas rare que les personnes atteintes se rendent à l’hôpital en urgence. Même si celles-ci semblent alarmantes, elles sont sans danger. Par contre, elles risquent de générer une sensation d’appréhension permanente puisqu’elles apparaissent sans avertir.

 

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Le déséquilibre biochimique dans le cerveau

Au niveau biochimique, on a constaté que les personnes sujettes aux troubles de panique, ont un taux anormalement bas de sérotonine, le neurotransmetteur clé pour régulariser l’humeur.  On a observé qu’une diète pauvre en tryptophane, phénylalanine et en tyrosine diminuera rapidement le niveau de sérotonine dans le cerveau et provoquera des symptômes d’anxiété (Bell et al 2001).

On mentionne en médecine fonctionnelle que l’axe hypothalamus-hypophyse-surrénales, lorsqu’en déséquilibre, peut prédisposer une personne aux crises de panique (Leonard BE 2005). En effet, durant une période de stress, l’équilibre entre le cortisol et le déhydroépiandrostérone (DHEA) est primordial pour que la personne soit en mesure de répondre de façon adéquate dans une situation d’urgence.  Si le cortisol produit par les glandes surrénales est trop élevé par rapport au DHEA, la personne sera plus sujette à faire de l’anxiété.

De façon générale, un déséquilibre hormonal touchant les œstrogènes, la progestérone, la testostérone et le DHEA ferait partie des facteurs en cause dans les troubles de panique.  En effet, on a découvert de grandes quantités de récepteurs cellulaires de DHEA, d’œstrogènes et de progestérone dans le cerveau.  Celles-ci vont jouer un rôle modulateur dans le cerveau incluant la régulation de l’humeur. Par exemple, la progestérone a un effet calmant majeur sur l’organisme.  En fait, elle aurait un effet similaire aux Benzodiazépines en agissant sur les récepteurs de GABA, un neurotransmetteur calmant  (Frye CA et al 2006).  Le DHEA a également un effet relaxant et amène un état de bien-être général.

 

Quelques pistes de solutions

La naturopathie peut vous offrir plusieurs stratégies efficaces adaptées à votre situation pour adresser les troubles de panique.  En voici quelques unes :

Assurez-vous d’avoir un sommeil réparateur et de faire de l’exercice régulièrement.

Évitez les stimulants comme la caféine (on en retrouve dans le café, le thé, les colas, le chocolat et le guarana). Il est également important d’éviter les dépresseurs comme l’alcool.

La respiration consciente peut aider à réduire les troubles d’hyperventilation lors de crise de panique. La méditation est un outil efficace pour relaxer le corps et l’esprit.  La relaxation, le biofeedback, le yoga, le tai chi, les massages ainsi que les groupes de support ont aussi démontré leur efficacité (Malathi A et al 1999; Field T et al 1997; Jin P 1992).

Consommez des aliments riches en tryptophane, le précurseur de la sérotonine (riz brun, fromage cottage, les arachides, le soya) et en tyrosine, le précurseur de l’adrénaline et de la dopamine (amande, avocat, banane, fèves de Lima, graines de citrouille et de sésame) pour régulariser le système nerveux. On peut suggérer un supplément de 5 HTP pour augmenter la sérotonine dans le cerveau.

Du coté des hormones, la mélatonine  et le DHEA sont à considérer car elles ont un effet régulateur sur le cortisol, l’hormone du stress.  Considérez de faire un test hormonal pour vérifier tout déséquilibre à ce niveau.

Les huiles de poisson sont nécessaires au bon fonctionnement du cerveau et peuvent aider à stabiliser l’humeur.

Les vitamines de complexe B seront aussi très importantes dans la régulation de l’humeur dont la vitamine B6, l’acide folique et la vitamine B12.  Également, le calcium et le magnésium peuvent avoir un effet relaxant sur le système nerveux.

Plusieurs herbes adaptogènes peuvent être bénéfiques dans les troubles d’anxiété notamment le millepertuis, le ginkgo biloba, l’ashwaganda, la valériane, le kava kava. La théanine, une substance que l’on retrouve dans le thé, a aussi un effet relaxant et il abaissera rapidement le cortisol.  Vérifiez toutefois avec votre naturopathe les possibilités d’interaction, si vous prenez un médicament. 

N’hésitez pas à commander ces suppléments de qualité supérieure pouvant vous aider dans les troubles d’anxiété :

Les photos sont une courtoisie de David Niblack et de Imagerymajestic/freedigitalphotos.net