La glycation, une autre cause de vieillissement accéléré

Par Sylvie Rousseau ND.A.

La médecine anti-vieillissement parle beaucoup du phénomène du vieillissement accéléré provoqué par la production et l’ingestion des radicaux libres, ces molécules instables provoquant divers dysfonctionnements dans notre corps.  Mais, on entend bien peu parler d’un autre processus causant des dommages internes aussi importants, sinon plus que les radicaux libres, soit le phénomène de glycation produisant dans l’organisme, ce qu’on appelle « le produit final de la glycation avancée »  (PGA). 

La glycation serait, selon plusieurs chercheurs, un facteur majeur du vieillissement accéléré. Elle est également associée aux complications du diabète. La glycation dans l’organisme vient de la réaction biochimique liant les protéines et certains lipides avec le sucre dans le sang.  Le sucre serait LE combustible permettant à ce processus de prendre place dans l’organisme.  Quand les PGA sont formés, ils se soudent avec les protéines avoisinantes et rendent ainsi les tissus et les organes rigides et dysfonctionnels. Ces glycotoxines envoient aussi des messages aux cellules qui les amènent à produire des hormones proinflammatoires, appelé cytokines, causant plusieurs dommages importants à l’organisme.  De plus, les PGA bloquent les protéines, l’ADN des cellules, ainsi que les lipides et interrompent le fonctionnement normal des organes. Il semblerait qu’aucune autre molécule n’a un potentiel aussi toxique que les PGA. 

Les scientifiques savent depuis très longtemps quel est le processus dans lequel sont aux prises les personnes âgées souffrant de désordres multiples touchant les yeux, les reins, le cerveau, le système nerveux et le système cardiovasculaire.  Ils ont noté que ces pathologies touchent majoritairement les diabétiques, mais peuvent également affecter les personnes vieillissantes à divers degrés. Il semblerait, selon ces experts, que la plupart de ceux-ci se retrouveraient dans une condition prédiabétique et serait donc à risque de développer les problèmes de santé caractéristiques aux diabétiques.  Pour cette raison, on croit qu’il serait souhaitable d’utiliser des stratégies similaires pour protéger les personnes à risque. 

En fait, le diabète est une forme de vieillissement accéléré. On sait, par exemple, que la durée de vie des diabétiques est de quatre à huit ans de moins que les non diabétiques. Le vieillissement prématuré et le diabète partagent les deux mêmes phénomènes biologiques.  Le premier, la glycation, résulte en un dommage irréversible aux protéines et aux lipides et le deuxième, le stress oxydatif, augmente pour sa part la production des radicaux libres et altère le fonctionnement des cellules.  Les diabétiques tout comme les personnes vieillissantes sont affectés par des maladies similaires dont les troubles cardio-vasculaires, certains types de cancer, les raideurs articulaires et musculaires, l’athérosclérose, l’ostéoarthrite, la cataracte, le glaucome, la dégénérescence maculaire, l’impotence, la perte de l’ouïe, la perte de mémoire, les troubles de la peau ainsi que la perte de son élasticité et sa flexibilité.

Les scientifiques connaissent ce processus biologique depuis 1912 et son impact sur le diabète.  Mais, ils ont sous-estimé l’impact de ces glycotoxines sur les cellules humaines, organes et tissus.  Les glycotoxines augmentent considérablement chez les diabétiques ayant un taux de sucre sanguin élevé, car ces substances prolifèrent dans un environnement sucré.  C’est donc les gens souffrant du syndrome métabolique, les prédiabétiques et les diabétiques qui sont le plus affectés par ces glycotoxines. 

Comment évaluer votre risque

La meilleure façon d’évaluer le niveau de glycation produit dans l’organisme est le test sanguin mesurant, ce qu’on appelle, le taux d’hémoglobine glyquée utilisé pour le contrôle du sucre sanguin chez les diabétiques.  Ce test a été développé, il y a de ça, quarante ans.  Lorsque cette mesure est élevée, elle est annonciatrice de complication du diabète mais est aussi un marqueur du vieillissement accéléré.  Il permet d’évaluer le niveau de glycation ainsi que le taux de sucre sanguin sur un plus long terme que la mesure de la glycémie simple, soit sur trois à quatre mois.  En fait, l’hémoglobine glyquée est créée lorsqu’une molécule de glucose se lie à l’hémoglobine, une protéine dans le sang.  Les personnes vieillissantes, au même titre que les diabétiques, auraient avantage à surveiller leur taux d’hémoglobine glyquée régulièrement pour surveiller ce phénomène. 

Les glycotoxines dans l’alimentation

Les glycotoxines sont aussi formées durant la fabrication de certains produits alimentaires demandant l’utilisation de substances pour en améliorer le goût, la couleur, la texture ou encore pour la stérilisation et la pasteurisation.  Malheureusement, les glycotoxines sont les produits dérivés de ces procédés industriels.  Également, les aliments comme les colas, les pâtisseries, les caramels ainsi que la cigarette font aussi partie de cette liste.  Les aliments riches en gras et en protéines peuvent avoir un contenu élevé de ces substances.  Toutefois, la façon dont vous préparez votre nourriture apportera une grande différence dans la concentration de celles-ci.

En effet, le phénomène de la glycation a été, pour la première fois observé, par le chimiste L.C. Maillard qui a remarqué qu’une substance brune se formait lors de la cuisson des aliments en présence de sucre comme dans la fabrication du pain. C’est cette réaction qui donne une texture, un goût et une odeur spécifique aux aliments cuits à haute température.   Le même phénomène se produit avec les aliments frits, rôtis, grillés ou cuits au barbecue. Tous ces types de cuisson exigeant une température élevée et une cuisson sèche produisent des niveaux élevés de glycotoxines.   Il est donc préférable de ne consommer ce type d’aliments que parcimonieusement, soit pas plus que quelques fois par semaine. 

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Par contre, la cuisson en bas de 250 F demandant l’utilisation de liquides comme pour les aliments pochés, braisés, cuits à la vapeur, mijotés ou à cuisson lente seront plus bénéfiques.  D’autre part, les aliments frais comme les légumes, les fruits, les céréales entières, les noix et tous les aliments non raffinés contiennent peu de glycotoxines.

 

Le problème avec ces toxines, c’est qu’elles s’accumulent dans les tissus et les organes. Même si le taux d’absorption de celles-ci venant de l’alimentation est bas, la capacité du corps à les éliminer est limitée.  On a noté que 70 % des glycotoxines ingérées ne sont pas absorbés dans le corps.  Mais, on ne retrouve que 33 % de ces substances absorbées dans l’urine dans les 48 heures suivant l’ingestion de celles-ci, d’où l’importance de prévenir l’accumulation de ces toxines avec les années.

Les nutriments prometteurs

La recherche a identifié plusieurs nutriments ayant un effet anti-glycation.  Par exemple, la benfotiamine, un métabolite de la vitamine B1, l’acide alpha-lipoïque et la carnosine joueraient un rôle important dans la prévention des dommages créés par la glycation. Plus particulièrement, la benfotiamine permet de normaliser le métabolisme du glucose dans le corps et protège, entre autre, les nerfs et le cerveau du dommage oxydatif causé par la glycation.  Depuis des dizaines d’années, la benfotiamine a été prescrite en Europe pour prévenir l’hyperglycémie avec succès.  Celle-ci devrait être considérée comme une arme de première ligne pour contrer les complications diabétiques. 

Voici quelques suppléments que vous pouvez commander pouvant vous aider dans ce problème de santé  :

Nous vieillissons tous et sommes tous exposés au dommage du stress oxydatif et de la glycation.  Que vous soyez atteint du diabète ou vouliez le prévenir, ou encore que vous visiez à minimiser l’impact du vieillissement prématuré, il est de toute évidence avisé de mettre en place le plus tôt possible une stratégie anti-vieillissement efficace incluant un plan alimentaire, des suppléments naturels ou encore des changements dans votre mode de vie pour vivre plus longuement et en santé.

 Références :

  1. CURTAY, Jean-Paul MD, Nutrithérapie bases scientifiques et pratique médicale, Collection Nutridoc, 3e édition révisée et augmentée, 2006.
  2. JOYAL, Steven MD, Guard your precious proteins against premature aging, Life Extension, April 2008.
  3. MURRAY, Michael, Textbook of natural medicine, Churchill Livingstone, Volume II, 1993.