Nuit blanche sur fond noir ou l’insomnie chronique

Par Sylvie Rousseau ND.A.

Les troubles de sommeil sont actuellement un des problèmes les plus répandus en Amérique du Nord.  On mentionne qu’environ 40 millions de gens souffrent d’insomnie chronique, cela représente un nord-américain sur dix.  Là-dessus, 30% sont des personnes âgées.  Il y aurait 90% des gens qui vivent des problèmes de sommeil mineurs au cours de leur vie, alors qu’au moins 30% en seront davantage touchés.  Certains ont de la difficulté à s’endormir alors que d’autres souffrent de réveils nocturnes. 

 Le sommeil est un moment important pour le corps pour se désintoxiquer et se régénérer.  Il est régulé par tout un réseau de communication organisé dont les neurotransmetteurs et différentes hormones sont les principaux acteurs.  Il dépend donc de l’état de notre système glandulaire et de nos organes qui en assurent la distribution, le foie étant le plus important.  Également, il permet à nos glandes de fonctionner selon un rythme en rapport avec la lumière et l’obscurité.  Ce fait est important, car celui-ci favorise l’organisme à mieux résister aux différents stress de la vie. 

 Passer une ou deux nuits blanches peut causer certains troubles passagers comme de la fatigue ou de l’inattention mais après seulement trois nuits, le manque de sommeil peut causer une sérieuse détérioration dans l’état de santé de la personne. 

 L’insomnie est un symptôme en soi, il met plus souvent qu’autrement en perspective un problème de santé sous-jacent.  Cela peut cacher de la dépression, de l’anxiété ou toute forme de stress. Il est important quand on veut régler le problème d’insomnie d’identifier la cause sous-jacente et de traiter celle-ci. 

 Les causes connexes sont variées.  On peut faire de l’insomnie à cause de troubles arthritiques, parce qu’on souffre d’asthme, d’hypoglycémie, d’apnée du sommeil, d’impatiences dans les jambes, d’hyperthyroïdie, de maladie de cœur ou de douleurs musculaires.  La consommation de café, le décalage horaire ou l’utilisation de certains médicaments dont les anti-dépresseurs peuvent amener des troubles du sommeil.  L’alcool, la cigarette, les stimulants comme le café, les boissons gazeuses et le chocolat ou encore les repas trop lourds sont aussi montrés du doigt dans ce type de problème.

 Les troubles de sommeil dû à la consommation de caféine viennent du fait que le foie, lorsqu’il est surchargé, élimine plus lentement ces substances du corps.  Même les petites quantités de caféine dans les boissons décaféinées peuvent causer de l’insomnie.  L’alcool, également, fait sortir la sécrétion d’adrénaline et bloque le transport du tryptophane (acide aminé) au cerveau et puisque le cerveau utilise le tryptophane pour la production de la sérotonine (un neuromédiateur important pour le sommeil), l’alcool perturbe le sommeil. 

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L’hypoglycémie est aussi une importante cause de réveils nocturnes.  En effet, quand le niveau de sucre sanguin descend à un point critique, le corps sécrète les hormones pour remonter le niveau de sucre tel l’adrénaline, le glucagon, le cortisol et les hormones de croissance.  Ces hormones stimulent le cerveau.  On suggère souvent de consommer des aliments riches en hydrate de carbone complexe le soir pour s’assurer d’un niveau de sucre plus stable comme le gruau ou d’autres types de céréales entières qui aident également à remonter le niveau de sérotonine dans le cerveau. 

 Le foie joue un rôle particulièrement important pendant le sommeil.  En effet, il doit veiller à maintenir le taux de sucre sanguin pendant toute la période de jeûne physiologique de la nuit.  Quand le foie est surchargé, cette fonction se retrouve à être perturbée.  Lorsqu’on vit une baisse de glycogène au niveau du foie, celui-ci se met à fonctionner plus au ralenti et dégrade moins rapidement le surplus hormonal dans le corps.  Or, on sait que les hormones comme le cortisol, les oestrogènes, la sérotonine et plusieurs autres jouent un rôle important dans le sommeil.  De plus, le foie n’arrive plus à métaboliser les différentes toxines en circulation.  Le corps se met alors en alerte pour faire face à un niveau toxique plus élevé dans le corps. 

 Le changement hormonal lors de la ménopause peut aussi avoir un effet sur le sommeil.  En effet, les estrogènes affectent la production de certains neurotransmetteurs dans le cerveau responsable du réveil.  Par exemple, trois à quatre jours avant les menstruations, le taux de progestérone diminue et la femme peut se retrouver avec un excès d’oestrogènes provoquant ainsi de l’insomnie.  En effet, la progestérone aurait la capacité de produire certaines substances qui aurait un effet calmant dans le cerveau.  Les oestrogènes auraient, eux, la capacité de freiner l’activité de l’enzyme qui convertit la sérotonine en mélatonine, l’hormone essentielle à un bon sommeil. 

Le stress

 Mario Chaput ND.A. mentionne dans son livre « Le sommeil tranquille », que le stress serait une cause majeure de l’insomnie.  Il s’agirait donc d’un signal d’alarme important donné par le corps que quelque chose ne va plus. 

La sérotonine a longtemps été identifiée comme le principal messager du sommeil.  C’est dans les années 90 qu’on a démontré que la sérotonine est en fait transformée en mélatonine et que cette dernière induirait le sommeil.  La sérotonine se concentre dans le cerveau durant le jour dans la glande pinéale et elle serait ensuite transformée en mélatonine à la tombée du jour.  Cette hormone est une substance qui doit être en équilibre constant dans le cerveau pour bien fonctionner. Or, on a démontré que l’équilibre de celle-ci est rompu, lorsqu’il y a un stress chronique.  Le manque de sérotonine serait associé à la dépression et à l’insomnie, mais en excès, elle provoque anxiété, agitation, diarrhée… Selon le Dr Carol Hart, les déprimés ont une sécrétion de mélatonine nocturne trop basse. 

 L’allergie cérébrale

 Jeffrey Bland parle d’un autre phénomène associé à l’insomnie qu’il qualifie d’allergie cérébrale.  Celle-ci prendrait forme à cause d’une insuffisance digestive qui augmenterait la production de radicaux libres et une mauvaise oxygénation des cellules du cerveau.  Les radicaux libres feraient augmenter les hormones proinflammatoires (PGE2), dont l’histamine, au cerveau. On retrouverait un taux cérébral d’histamine élevé chez les grands insomniaques.  Cette hormone est principalement produite lors de réponses inflammatoires de type allergique. On comprend pourquoi certains médicaments pour le sommeil sont en fait des anti-histaminiques. 

 Lorsque la digestion est perturbée entre autre par un niveau de stress élevé, la muqueuse intestinale devient perméable laissant passer les toxines et les protéines mal digérées dans le sang. Ces toxines peuvent contribuer à perturber l’équilibre des prostaglandines et de l’histamine au cerveau amenant ainsi des réactions allergiques et des inflammations du cerveau. 

 Les médicaments

 On retrouve deux grandes catégories de médicaments prescrits pour l’insomnie, soit  les antihistaminiques et les benzodiazépines.  Les antihistaminiques sont en ventre libre en pharmacie tandis que les benzodiapezepines comme le Valium et le Halcyon sont disponibles seulement sous prescription.  Ces médicaments sont efficaces à court terme et peuvent aider pour l’insomnie passagère mais, à long terme, ils peuvent créer des problèmes beaucoup plus importants. 

 Les benzodiazépines, en particulier, amènent une dépendance et ont plusieurs effets secondaires dont celui de perturber le cycle normal du sommeil.  Les personnes prenant ces médicaments se réveillent le matin avec de la somnolence, de la fatigue, de la confusion, de la nausée et bien d’autres symptômes.  Ils consomment des grandes quantités de café pour être capable de fonctionner durant la journée aggravant ainsi les troubles de sommeil et les enfermant dans un cercle vicieux.  Lorsqu’une personne en consomme pendant une longue période, elle doit arrêter progressivement ces médicaments pour ne pas se retrouver avec des effets rebonds comme l’anxiété, l’irritabilité, l’insomnie, les maux de tête ou la perte de concentration.

Quelques solutions

 Certains nutriments essentiels peuvent aider dans les troubles du sommeil.  Les acides gras de type oméga 3, soit les huiles de poisson ont un effet favorable sur le sommeil parce qu’elles contribuent à diminuer le niveau d’inflammation que l’on peut retrouver au cerveau.  Elles aident également à conserver l’intégrité de l’intestin.  Les vitamines du groupe B peuvent aussi jouer un rôle important, car elles régularisent le fonctionnement du cerveau.

 La sérotonine est le neuromédiateur le plus important pour le sommeil.  Celui-ci est fait à partir d’un acide aminé, le tryptophane. Les personnes ayant des difficultés digestives peuvent voir leur taux de tryptophane baissé.  Les sources alimentaires de tryptophane se retrouvent dans le soya, le fromage cottage, la dinde, le poulet, les amandes, le thon, les dattes et les figues. Idéalement, on devrait en consommer avec une source d’hydrate de carbone complexe au souper. Le 5-HTP ou 5-hydroxytryptophane est une forme de tryptophane plus assimilable et aiderait à diminuer le temps d’endormissement ainsi que les réveils nocturnes. 

Certains consomment de la mélatonine, une hormone sécrétée par la glande pinéale, une petite glande située dans le centre du cerveau.  Selon les études, celle-ci aurait un effet sédatif seulement lorsque la personne a un niveau bas de production de mélatonine par cette glande, sinon elle ne serait pas efficace.  Pour cette raison, la mélatonine serait plus efficace chez les personnes âgées, car le niveau de sécrétion de cette hormone diminue dans ce groupe d’âge.  Consommer de la mélatonine pourrait, par contre, déranger le rythme circadien. 

 On a associé la carence en calcium et en magnésium comme une des causes possibles des réveils nocturnes.  Ces derniers, prises au coucher, aideraient à la captation de la sérotonine par l’épiphyse. Le magnésium est particulièrement intéressant parce qu’il agit comme sédatif et sa carence provoque une hyperexcitabilité neuromusculaire. 

 Certaines plantes peuvent être utiles pour les gens souffrant de stress chronique, dont le millepertuis, de par son action équilibrante sur le taux de cortisol.  En effet, le cortisol trop élevé détruit les acides aminés servant à fabriquer la sérotonine au cerveau.  Il prend un certain temps à agir et on doit le prendre pendant quelques semaines avant de sentir l’action dans notre corps.  Certaines plantes calmantes dont la valériane ou la passiflore  ont des vertus antispasmodiques et calmantes.  On pourra utiliser l’igname sauvage pour son effet sur la progestérone lors de la ménopause ou de syndromes prémenstruels.

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La sédentarité peut aussi être en lien avec ce type de problème, parce qu’elle engendre une sous-oxygénation des cellules.  Pour cette raison, l’exercice et la relaxation sont deux bonnes techniques pour améliorer la qualité du sommeil. 

 Lorsqu’une personne est au prise avec ce problème, la naturopathie offre des alternatives intéressantes qui permettra d’identifier et de traiter les différents facteurs responsables des troubles du sommeil.  N’hésitez pas à consulter, car le sommeil est si précieux !

 

Références :

  1. CHAPUT, Mario n.d., Le sommeil tranquille, Éditions fleurs sociales.
  2. MURRAY Michael n.d. Encyclopedia of natural medicine, Prima publishing.
  3. BALCH James md., Prescription of nutritional healing, Avery.