Un poison méconnu dans notre environnement : les xénoestrogènes

Par Sylvie Rousseau ND.A.

Aujourd’hui, il n’est pas illusoire d’affirmer que tous les êtres humains, les hommes, les femmes comme les enfants, souffrent d’un problème interne de dominance en œstrogènes dû principalement à une omniprésence dans notre environnement de ce qu’on appelle les xénohormones. 

Parmi les nombreuses substances qui en contiennent, retrouvons au premier plan les pesticides et les sous-produits du pétrole, les matières plastiques, les déchets industriels, la pollution automobile, la viande que nous mangeons, les détersifs et les matériaux d’ameublement.  Les œstrogènes de synthèse prescrit pour les femmes à la ménopause, ainsi que la pilule contraceptive sont également au banc des accusés.   Les changements observés dans la santé hormonale chez l’humain ont suivi de près l’usage plus répandu de ces diverses substances. S’agit-il d’une coïncidence ?

La notion de perturbateur endocrinien est une notion apparue à la fin du XXe siècle pour désigner toute molécule étrangère ou xénobiotique qui ont des effets hormonaux dans notre corps. Ils ont des effets indésirables sur la santé en altérant des fonctions telles que la croissance, le développement, le comportement, la production de l’énergie ainsi que la fonction sexuelle et reproductrice.

Les effets des xénoestrogènes sur le système endocrinien 

Les xénoestrogènes peuvent imiter l’action des œstrogènes naturels dans le corps à la manière d’une fausse clé qui force la serrure biologique des cellules ou encore bloquer l’action de ces hormones en saturant les récepteurs cellulaires.  Ils perturberont ainsi le transport ou le métabolisme des hormones ou de leurs récepteurs. Ces perturbations sont d’autant plus graves qu’elles peuvent se produire très tôt pendant la grossesse, chez l’enfant et des effets irréversibles peuvent être induits dont des malformations génitales.  Ils peuvent également entraver la capacité du foie à éliminer les œstrogènes.

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Mais, ceux-ci provoquent surtout un problème interne de dominance en œstrogènes.  Cela augmente le risque de développer des cancers hormonodépendants de façon exponentielle comme nous avons pu le constater au cours des dernières décennies.  Également, dans les années 1950, plusieurs études sur ce phénomène ont mis en évidence une diminution de la fertilité masculine avec une baisse de 50% du nombre de spermatozoïdes ainsi que des altérations morphologiques.  On a observé une augmentation de la fréquence du cancer des testicules, de la prostate et du sein, ainsi qu’une puberté féminine de plus en plus précoce, soit deux ans plus tôt qu’il y à peine vingt ans. Cette dominance en œstrogènes amène aussi des problèmes de fertilité chez la femme et des déséquilibres hormonaux en provoquant une perte des fonctions du follicule ovarien, ce qui aura pour conséquence une diminution de la production de la progestérone naturelle.

Les polluants organiques persistants (POP) dont le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), les dioxines (PCDD) et les polychloro-biphényles (PCB) ainsi que les hormones de synthèse peuvent se retrouver dans notre réseau d’aqueduc puisque ces molécules sont trop petites pour être éliminées dans les stations d’épuration et persisteront malheureusement dans l’environnement plusieurs décennies. Des chercheurs de l’Université de Montréal ont d’ailleurs découvert des concentrations d’œstrogène jusqu’à 90 fois plus élevées que la normale dans les eaux du fleuve de la région montréalaise.  Également, les xénoestrogènes peuvent s’accumuler et se concentrer dans la chaîne alimentaire.  Par exemple, les grains traités aux herbicides sont consommés par le bétail, qui à leur tour est consommé par les humains.

Voici quelques-uns des effets observés chez les animaux exposés aux xénohormones  

  • Importante féminisation de l’appareil reproducteur et castration chimique chez l’oiseau mâle
  • Pénis anormalement petit et faible concentration de testostérone chez l’alligator mâle
  • Les alligators de Californie exposés au DDT ne peuvent plus se reproduire et ont même une baisse de l’éclosion de leurs œufs
  • Diminution de l’activité sexuelle chez le rat mais augmentation chez la rate
  •  Modification des caractères sexuels chez la tortue, les poissons, les mollusques
  • Dessèchement des follicules dans les ovaires et masculinisation des cellules nerveuses chez la rate

Ce qui est le plus inquiétant dans tout ceci, c’est que cette pollution environnementale est beaucoup plus dommageable pour les hommes que pour les femmes parce que l’exposition intra-utérine aux xénoestrogènes peut altérer le fonctionnement du cerveau du fœtus jusqu’au point de changer la perspective que la personne aura de la vie plus tard.  Pour les hommes, cela signifie qu’il se féminisent physiquement et mentalement, tandis que les femmes se masculinisent !!!

Certains auteurs estiment que les risques pour la santé sont négligeable, alors que d’autres estiment qu’il y a des preuves suffisantes pour dire que ces substances posent un risque réel pour la santé et la fertilité humaine.  Pour sa part, le Dr John Lee qui est un chercheur reconnu dans les troubles hormonaux, a étudié longuement le phénomène répandu de dominance en œstrogènes.  Il en conclut que les xénoestrogènes sont un facteur important pour le déséquilibre hormonal et les cancers hormono-dépendants même si non  reconnu par la communauté scientifique.

Quelques conseils pour limiter votre exposition aux xénoestrogènes

  • Diminuez le recours aux pesticides et supprimez la consommation d’aliments contaminés par ces produits
  • Les œufs, la viande rouge, le poulet, devraient être mangés biologiques et ne renfermer ni hormones ni antibiotiques, tout comme les fruits et les légumes.  Lavez soigneusement ces derniers avant d’en manger
  • Évitez les cosmétiques du commerce. Optez pour ceux exempts de produits chimiques.
  • Ne chauffez pas vos aliments dans des contenants en plastique
  • N’utilisez pas de déodorants, d’assouplisseurs et de détersifs parfumés
  • Évitez les hormones de synthèse.  Utilisez des condoms sans spermicides au lieu de la pilule contraceptive
  • Consommez au moins 30 grammes de fibres alimentaires pour aider à éliminer plus rapidement les xénoestrogènes
  • Buvez de l’eau purifiée, sans chlore ni fluor.  Utilisez le moins possible des bouteilles de plastique pour l’eau

Quelques solutions naturelles

La progestérone bio-identique peut aider à protéger les tissus contre la stimulation oestrogénique, en particulier l’endomètre et les tissus mammaires.

Également, certains nutriments peuvent aider à enrayer le problème de dominance en œstrogènes et supporter le foie pour éliminer l’excès d’œstrogènes, y compris les xénoestrogènes.

Par exemple, le Calcium D-glucarate et le Curcuma aident à l’élimination des xénoestrogènes et des agents cancérigènes.  L’indole-3-carbinol que l’on retrouve dans les crucifères empêche la conversion de l’œstrogène 2-hydroxyestrone en œstrogènes 16-hydroxyestrone carcinogènes.

Mais, retenez surtout que le point crucial pour vous protéger de ces substances néfastes sera d’aider le foie à détoxiquer avec des suppléments naturels désignés pour normaliser la fonction hépatique.

Voici quelques suppléments que je recommande régulièrement pour la détoxication des xénoestrogènes.  Vous pouvez les commander sur ma boutique en ligne en cliquant sur les liens ci-joint.

Références :

  1. http://www.santedesfemmes.com/xenoestrogenes/les-xenoestrogenes-ces-imposteurs
  2. http://fr.wikipedia.org/wiki/X%C3%A9noestrog%C3%A8ne
  3. LEE Dr John R., Tout savoir sur la préménopause, équilibre hormonal et hygiène de vie de 30 à 50 ans, Éditions Sully, 2001.
  4. RAKOWSKI Robert, Anti-aging medicine, Metagenics educational programs,  2010.