Le reflux gastrique, plus répandu que jamais

Par Sylvie Rousseau ND.A.

Vous êtes vous déjà questionné sur le nombre accru de commerciaux auxquels nous sommes exposés, ventant les mérites des antiacides et autre médications pour les reflux gastriques, communément appelé brûlements d’estomac ? En fait, c’est qu’il s’agit d’un marché très lucratif, puisqu’on estime qu’environ 40 % de la population souffrent d’un reflux œsophagien. 20% de ceux-ci expérimentent ce problème de façon occasionnelle et 10%, quotidiennement. Les plus chanceux expérimenteront de légers symptômes après les repas alors que d’autres iront jusqu’à se rendre à l’urgence croyant être en proie à une crise cardiaque.

Les causes du reflux

En fait, le reflux oesophagien est causé principalement par l’excès de sucs digestifs remontant dans l’œsophage. Il peut s’agir de reflux d’enzymes pancréatiques, de bile, de pepsine, d’acide chlorhydrique, de liquide ou de nourriture non digérées venant de l’estomac et remontant jusqu’à l’œsophage. Étant donné que ce dernier ne joue aucun rôle actif dans la digestion, on ne devrait pas retrouver ce genre de substance à cet endroit. Son seul rôle consiste à concentrer la nourriture et à la diriger vers l’estomac. À ce moment, le sphincter qui sépare celui-ci de l’œsophage s’ouvre pour laisser passer la nourriture plus bas. Il devrait se refermer tout de suite après pour empêcher que les sucs digestifs remontent. Le reflux œsophagien arrive lorsque cette valve devient trop relâchée ou quand elle s’ouvre au mauvais moment.

Les parois de l’estomac sont tapissées d’une muqueuse pour empêcher que les sécrétions acides n’altèrent cette protection naturelle. L’œsophage, de son coté, ne bénéficie pas de cette protection. Pour cette raison, les sécrétions acides, lorsqu’elles remontent, provoqueront de la douleur et de l’inflammation. On parlera alors d’une oesophagite. Si ce problème n’est pas traité, il peut évoluer vers un cancer de l’œsophage.

Les symptômes

Le symptôme le plus commun du reflux oesophagien est la sensation de brûlure dans cette région apparaissant après le repas. Cela peut durer de quelques minutes à quelques heures.On peut sentir cette sensation du fond de l’estomac ou encore dans la poitrine et dans la gorge, et donner un goût acide dans la bouche. Il peut y avoir des régurgitations, de l’indigestion ou encore des rapports acides. Parfois, c’est seulement en se penchant la tête, qu’on peut sentir les brûlements. Des troubles d’éructations peuvent aussi être un signe de reflux. Certaines personnes vont jusqu’à sentir une douleur précise dans la poitrine comme lors d’une crise cardiaque.

 

 

 

 

Les médicaments

Les médicaments prescris pour ce problème peuvent être très aidant à court terme. Mais à long terme, ils empêchent la personne de faire les changements nécessaires dans son mode de vie, ne sentant plus la douleur associée à ce processus de dégradation qui est toujours en cours. En réalité, ils masquent le problème. Ceux-ci diminuent les acides gastriques, mais il en reste suffisamment pour continuer à irriter la muqueuse. Cela peut évoluer vers un cancer de l’œsophage, mais peut aussi donner des cancers pancréatiques, gastriques ou tout autre type de cancer. Cela se produit parce que ces médicaments, en diminuant la production d’acide chlorhydrique, pousse l’estomac à produire une hormone appelée gastrine afin d’augmenter la production d’acides. À long terme, le niveau élevé de cette hormone amènera une prolifération cellulaire typique dans la genèse du cancer. Dans les dernières 25 années, l’incidence du cancer oesophagien a augmenté de 350% et évolue donc plus rapidement que tous les autres types de cancer dans les pays développés.

La digestion incomplète des aliments due aux antiacides

Plusieurs types de médication antiacides sont prescrits pour le reflux gastrique. Mais, les médicaments les plus utilisés sont les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Ils servent à diminuer la quantité d’acide chlorhydrique produit dans l’estomac. Pourtant ces acides jouent un rôle fondamental pour décomposer les aliments et plus spécifiquement les protéines dans l’estomac. Si cette fonction ne peut se faire, les métabolites de cette dégradation incomplète seront filtrés par l’intestin et se retrouveront dans le sang. Si les protéines ne sont pas complètement métabolisées en acides aminés et qu’ils sont absorbés ainsi, il y aura un risque accru de développer des allergies et des maladies auto-immunes en déstabilisant le système immunitaire.

Les différentes études sur les effets des antiacides dans le corps

Une étude réalisée sur plus de 145,000 patients en Angleterre et publiée dans la Revue de l’Association américaine de médecine mentionne aussi que les risques de fractures de la hanche sont plus élevés de 44 % chez les gens de 50 ans et plus, lorsqu’ils sont des utilisateurs des IPP pendant au moins un an, comparativement aux non utilisateurs. Les chercheurs croient qu’en réduisant l’acidité dans l’estomac, ces médicaments rendent difficile l’absorption du calcium, ce qui peut fragiliser les os. Également les IPP empêchent l’absorption de la vitamine B12, le bêta carotène, l’acide folique, la thiamine (B1), le fer, le sodium et le zinc.

Une autre étude menée dans un hôpital universitaire de Montréal et publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne en juin 2004 a démontré que des patients hospitalisés et ayant reçu des inhibiteurs de la pompe à protons couraient un plus grand risque d’avoir une diarrhée causée par le clostridium difficile. Les résultats de l’étude ont démontré que la diarrhée causée par le C. Difficile avait touché 6,8% des 1187 patients ayant reçu des antibiotiques pendant leur séjour à l’hôpital et était relié de manière importante à l’utilisation des inhibiteurs de la pompe à protons, à l’administration de trois antibiotiques ou plus et à l’admission dans un hôpital.

Quelques pistes de solutions :

  1. Conservez un poids idéal
  2. Évitez les tomates, l’ail, les oignons, la menthe, les fruits acides, les aliments gras.
  3. Évitez les stimulants comme le café, le thé, le chocolat, l’alcool et les boissons gazeuses.
  4. Mangez plusieurs petits repas plutôt que trois gros repas. Ne pas s’étendre immédiatement après un repas.
  5. Ne pas manger 2-3 heures avant de se coucher. Élevez la tête de lit de 6 pouces pour faciliter les sécrétions gastriques à rester dans l’estomac.
  6. Faites de l’exercice et prenez du repos
  7. Ne fumez pas, car la nicotine relâche le sphincter de l’œsophage
  8. Ne pas consommer de façon excessive des aspirines, des ibuprofènes ou des anti-inflammatoires non-stéroïdiens qui peuvent irriter la muqueuse du système digestif.

Quelques solutions naturelles

  1. Plusieurs substances naturelles peuvent être très efficaces pour contrer ce problème. Par exemple, l’acide glycyrrhinique, un composé de la réglisse naturelle protège la muqueuse de l’estomac et de l’œsophage des acides gastriques en augmentant le nombre de cellules produisant du mucus à l’intérieur de ces organes. Cela augmente la production du mucus protecteur et améliorera l’environnement de l’estomac. Il y aura une accélération de la guérison de la muqueuse de l’estomac et de l’œsophage en diminuant l’irritation. Les personnes souffrant d’hypertension doivent s’assurer de ne consommer que cette forme de réglisse qu’on dit déglycérisée (DGL) plutôt que de la vraie réglisse, car cette dernière peut être responsable de faire monter la pression artérielle.
  1. Également, le zinc a une propriété cicatrisante importante pouvant aider de façon significative la guérison d’ulcère. Les antioxydants, comme les vitamines A, C, E, zinc et sélénium, agiront en protégeant la muqueuse de l’estomac et de l’œsophage, afin que ces cellules ne mutent pas en cellules précancéreuses.

Conclusion

Encore une fois, le mode de vie fait partie intégrante de la solution pour améliorer les troubles de santé comme le reflux oesophagien. En définitive, il est souhaitable de n’utiliser les antiacides qu’à court terme, lorsque c’est possible ou encore opter pour une approche naturelle tout en apportant les correctifs à votre mode de vie pour régler ce problème à long terme.

 

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Références :

  1. MARTIN, Russell, Natural relief from heartburn, Life extension, September 2006.
  2. SEGALA Melanie, Disease prevention and treatment, Expanded fourth edition, Life extension media, 2003.
  3. La Presse, La prise d’antiacides hausse les risques de fracture de la hanche, Associated press, 27 décembre 2006.